Le Paris-Saclay Autonomous Lab inauguré à l’occasion de Spring : une expérimentation grandeur nature de services de mobilité autonome connectés aux infrastructures

15 mai 2019

L’évènement SPRING, qui a eu lieu à Paris-Saclay le 15 mai 2019, a été l’occasion pour VEDECOM de présenter, aux côtés de ses partenaires, l’expérimentation Paris-Saclay Autonomous Lab issue du projet EVAPS. Le projet, vise à développer de nouveaux services de mobilité en conduite autonome, donc sans conducteur, sur voie dédiée, voies publiques et campus, en complément des solutions de transports existantes sur le plateau de Saclay. Il intègre des technologies de pointe en matière d’intelligence embarquée dans les véhicules, de système de supervision, d’infrastructures connectées, ainsi que de réseaux de télécommunications sécurisés. Il a été copiloté par le Groupe Renault, le Groupe Transdev, l’Institut VEDECOM, l’IRT SystemX, et l’Université Paris-Saclay avec la contribution de l’ENSTA. Il bénéficie du concours des Investissements d’Avenir de l’Etat confiés à l’ADEME, ainsi que du soutien de l’Établissement Public d’Aménagement Paris-Saclay, de la communauté d’agglomération Paris-Saclay, du département de l’Essonne et d’Ile-de-France Mobilités.

 

Expérimentation d’un système complet de transport autonome

Le projet Paris-Saclay Autonomous Lab fait partie des expérimentations retenues le 24 avril 2019 par le gouvernement après l’appel à projets « Expérimentation du Véhicule Routier Autonome » (EVRA) lancé en juin 2018 dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). Il a pour objectif de tester un système complet de transport autonome, composé de véhicules autonomes (3 prototypes de Renault ZoéCab et 1 navette Transdev-Lohr i-Cristal), d’une supervision de la flotte, d’une infrastructure connectée et d’applications clients. Le but est de définir les conditions de déploiement d’un service de mobilité autonome à plus large échelle. Lancé en 2017, le projet Paris-Saclay Autonomous Lab a été inauguré le 15 mai 2019, à l’occasion du rendez-vous de l’innovation SPRING à Centrale Supélec, par M.Grégoire de Lasteyrie, Conseiller spécial nouvelles mobilités de la Région et Maire de Palaiseau, M. François Durovray, Président du Conseil Départemental de l’Essonne et M. Michel BOURNAT, Maire de Gif-sur-Yvette et Président de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay ; en présence de M. Philippe Watteau, Directeur Général de VEDECOM, M. Thierry Mallet, Président Directeur Général du Groupe Transdev, M. Arnaud Molinié, SVP Mobility service du Groupe Renault, M. Paul Labrogère, Directeur Général de l’IRT SystemX,  Mme Sylvie Retailleau, Présidente de l’Université Paris-Saclay, et Mme Elisabeth Crépon, Directrice de l’ENSTA. Il se poursuivra jusqu’au premier trimestre 2020.

 

Des services de mobilité autonome en complément de l’offre de transports existante

L’expérimentation sera ouverte progressivement à partir du 21 mai 2019 à un panel d’utilisateurs. Leur seront proposés deux services de mobilité autonome en complément de l’offre de transports actuellement existante sur le plateau de Saclay :

  • un service de transport collectif de nuit sur voie dédiée (voie TCSP dédiée aux bus) avec une navette autonome Transdev-Lohr i-Cristal qui desservira les quartiers du plateau de Saclay jusqu’à la gare de Massy, en dehors de heures d’exploitation des services réguliers. De 00h30 à 3h du matin, la navette desservira 4 arrêts, sur une distance de près de 3 kilomètres ;
  • un service de voitures à la demande, en journée, en complément des services réguliers de transports, assuré par des prototypes de Renault ZoéCab, autonomes sur le Campus de Paris-Saclay.

Le projet est exemplaire par son intégration sur le territoire de Paris-Saclay, terreau propice à l’innovation, ainsi que par la collaboration des acteurs du projet, aux métiers complémentaires et partageant le même engagement : développer la mobilité autonome partagée. Il s’inscrit dans la démarche des pouvoirs publics pour développer les nouvelles mobilités sur le Plateau de Saclay, en les intégrant à l’offre de transport collectif. Il entend démontrer la pertinence de solutions de mobilité autonome au sein d’un réseau de transport existant, et ce sous les différents angles de la performance, la complémentarité avec l’offre en place et le volet économique. L’offre de mobilité est en effet un enjeu majeur de ce territoire, dans le cadre de l’ambition d’attractivité internationale qui est la sienne. La démographie, en forte expansion, devrait contribuer également à accroître la demande.

 

Une expérimentation d’envergure

Pour cette expérimentation de grande ampleur, 9 km de fibre optique ont été tirés sur l’ensemble du territoire d’expérimentation ainsi que 4 km de câble électrique et 6 km de câble Ethernet. Près de 200 candélabres publics ont été utilisés, complétés par 70 mâts provisoires. Sur les 8 km de route, 25 sites (pôle d’échanges multi-modal, intersections avec feux, ronds-points, arrêts de bus…) ont été équipés d’infrastructures de communication et de perception. 85 capteurs ont été déployés (10 lidars M8, 20 caméras thermiques de détection véhicules, 20 caméras thermiques de détection piétons, 35 caméras vidéo) ainsi que 25 unités de bord de route, associées à 25 coffrets de bord de route comportant les unités de traitement et les équipements réseau. Cet ensemble UBR + coffret, conçu par VEDECOM et baptisé VEDECOM Box, permet le traitement et la communication des flux d’informations montants et descendants depuis le véhicule.

Les prototypes Renault ZOECab et la navette Transdev-Lohr i-Cristal sont 100% électriques et dotées de technologies autonomes. Equipés de capteurs type Lidar, de caméras, d’une centrale inertielle et d’un logiciel de conduite autonome, ils intègrent toutes les contraintes de trafic habituelles : identification de présence d’autres véhicules ou de piétons, gestion des carrefours, des ronds-points ou des ralentisseurs, reconnaissance des feux de circulation, etc. Ils sont de niveau 4 (norme SAE – complètement autonomes dans des zones spécifiques). A l’intérieur, les véhicules sont dotés de caméras ainsi que d’écrans informatifs destinés à accompagner les passagers durant leur trajet.

Ce programme représente un investissement total de 16,2 millions d’euros, dont 5,5 millions d’euros d’aides apportées par l’ADEME au titre des Investissements d’Avenir.

 

Un projet transverse majeur pour VEDECOM

L’infrastructure, communicante et intelligente, a été conçue, implantée et développée par VEDECOM, qui a également piloté toute l’étude facteurs humains du projet (relations piéton et voyageur avec le véhicule autonome).

Trois équipes de l’Institut sont mobilisées pour ce projet, qui comptabilise déjà plus de 2500 heures de travail en deux ans :

  • L’équipe « Nouveaux espaces physiques de la ville pour l’écomobilité », menée par Nadège Faul,
  • L’équipe « Laboratoire des nouveaux usages », menée par Stéphanie Coeugnet,
  • L’équipe « Nouvelles communications sécurisées et sécurité coopérative », menée par Oyunchimeg Shagdar.

Le projet permet d’évaluer deux volets principaux : le volet technologique, avec la mise en place d’un système de transport autonome et connecté ; et le volet acceptabilité, avec l’accueil de panélistes pour étudier l’appropriation des services par les clients finaux. L’Institut VEDECOM a apporté son expertise dans les deux domaines, en proposant des solutions pour de vrais services à valeur ajoutée :

  • recherche, développement et déploiement d’une infrastructure intelligente et connectée qui complète le véhicule autonome, ainsi que de modules de connectivité (et plus particulièrement connectivité entre les équipements de bord de route et les modules de communication embarqués) ;
  • recherche et développement sur la communication entre les véhicules et les usagers vulnérables de la route afin d’en assurer la détection et la sécurité ; recueil et analyse des besoins et attentes des utilisateurs ainsi que de leurs retours sur l’acceptabilité des services proposés afin d’envisager leur attractivité et leur rentabilité future ;
  • recherche, spécifications et prototypage de l’ergonomie des interfaces usagers à l’intérieur et à l’extérieur des divers types de véhicules en expérimentation.

 

Le communiqué de presse des 5 partenaires du projet Paris-Saclay Autonomous Lab

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VEDECOM met le cap sur EVS32, le principal congrès scientifique international sur l’électrification du véhicule

L’Institut VEDECOM sera présent à la 32ème édition de l’ Electric Vehicles Symposium (EVS32) qui aura lieu du 19 au 22 mai 2019, à Lyon. Il y tiendra un stand pour présenter ses activités dans le domaine de l’électrification du véhicule et de la recharge, et quatre de ses chercheurs y interviendront. VEDECOM mènera également deux démonstrations de recharge électrique innovante en partenariat avec le groupe Renault.

EVS32 : promouvoir la mobilité électrique et durable

EVS32 est le principal congrès international sur les questions d’électrification, de connectivité et d’autonomie du véhicule. Il réunit chaque année les acteurs majeurs de l’innovation dans le domaine du véhicule électrique et aborde toutes les composantes de la mobilité électrique : marchés, technologies des batteries, systèmes de charges, services et politiques publiques… Le programme affiche des conférences des meilleurs spécialistes sur le sujet, des démonstrations, des tests des dernières innovations sur le marché, des rencontres…Le but est de promouvoir la mobilité durable et de permettre aux participants de parfaire leurs connaissances dans le domaine de la mobilité électrique.

 

Un stand de présentation des activités de VEDECOM dans le domaine de l’électrification du véhicule

L’Institut VEDECOM tiendra un stand durant tout le symposium (stand F19). Y seront notamment exposées les nouvelles bobines à induction pour les pistes de recharge dynamique. Entièrement conçues en interne, ces nouvelles bobines de 30 KW constituent les briques technologiques d’une nouvelle piste de recharge électrique par induction permettant au véhicule de compenser sa dépense en énergie, et donc d’augmenter son autonomie. Une borne tactile permettra de découvrir l’atelier de fabrication de machines électriques de l’Institut en 360° : ce laboratoire unique, installé à proximité immédiate des équipes de recherche, permet le prototypage rapide de moteurs électriques et favorise l’accélération de l’innovation. Des écrans présenteront enfin les activités de VEDECOM dans le domaine de l’électrification des véhicules. Celles-ci s’organisent autour de deux objectifs majeurs : étendre l’autonomie des véhicules électriques et réduire le coût et le volume de leurs moteurs.

 

4 chercheurs présentent les résultats de la recherche sur la recharge et les moteurs électriques

Quatre chercheurs de VEDECOM présenteront par ailleurs leurs recherches sur des sujets de recharge et de moteur électriques.

Sid Ali Randi, ingénieur en conception et de réalisation de machines électriques innovantes, interviendra sur l’ « Analyse des performances d’une machine à commutation de flux à excitation hybride pour une application type PHEV ». Il en présentera le principe de fonctionnement, ainsi que les avantages. L’approche utilisée permet de cartographier toutes les performances de ce nouveau moteur, actuellement en cours de prototypage.

Emilia Suomalainen, responsable de projet Energie Partagée, commentera un poster intitulé « Etude du coût d’investissement pour le développement de l’infrastructure de recharge sur un tronçon d’autoroute ». Alors que l’un des principaux obstacles au déploiement massif du véhicule électrique est le sous-développement des infrastructures, elle exposera un modèle d’infrastructure simplifié comparant les coûts de déploiement de deux solutions de recharge de véhicule électrique sur des tronçons d’autoroute : des stations de recharge rapide et des voies de recharge dynamique.

Stéphane Laporte, chef de projet FABRIC, fera une intervention sur « l’infrastructure de recharge de Versailles-Satory pour le test de recharge dynamique sans contact ». Il présentera la route expérimentale mise en place à Versailles Satory pour développer et évaluer les performances des prototypes de systèmes de recharge dynamique sans contact ; ainsi que les études expérimentales visant à caractériser ces prototypes dans des conditions de conduite réelle.

Jihen Sakly, ingénieur en systèmes de recharge innovants, comparera les topologies pont en H et multiniveau en cascade pour la recharge sans contact du véhicule électrique. Elle présentera notamment la validation expérimentale réalisée sur la piste de recharge par induction sans contact de 3kW mise au point par VEDECOM.

 

Deux démonstrations de recharge électrique en partenariat avec Renault

Deux démonstrations de recharge seront également présentées sur le stand de Renault, partenaire de VEDECOM dans les deux projets mis en scène. Une borne de recharge dotée de deux prises et deux écrans, permettra de simuler une recharge sur lieu public, et une recharge à domicile. La première démonstration, dite « Plug and Charge », permettra de présenter la simplification des systèmes d’identification et de charge du véhicule sur les bornes publiques. Aujourd’hui, le branchement et la charge sont conditionnées par la lecture d’un badge par la borne : c’est ce badge qui permet la reconnaissance du véhicule et la délivrance des autorisations nécessaires à la charge. A terme, le véhicule sera reconnu automatiquement par la borne, pour une simplification des démarches de recharge.

La seconde démonstration présentera une simulation de recharge à domicile en bidirectionnelle. Actuellement expérimentée par Renault aux Pays-Bas, cette technologie permet aux véhicules électriques de restituer l’énergie emmagasinée dans leurs batteries au réseau électrique et de mieux réguler la recharge. Celle-ci s’effectue ainsi au maximum quand l’offre est la plus abondante, notamment lors des pics de production des énergies renouvelables. A l’inverse, en période de pointe, le véhicule peut réinjecter de l’énergie au réseau pour lisser les pics de consommation et peut dès lors servir d’unité de stockage temporaire d’énergie. Les véhicules sont équipés de chargeurs bidirectionnels embarqués couplés à une brique logicielle mise au point par l’Institut VEDECOM en partenariat avec Trialog qui assure la communication entre le véhicule et la borne.

 

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VEDECOM expose une navette autonome à la première Biennale d’Architecture et de Paysage

L’ouverture de la première Biennale d’Architecture et de Paysage, organisée par la région Ile-de-France du 4 mai au 13 juillet 2019, a été l’occasion pour l’Institut VEDECOM de présenter au public ses navettes autonomes. L’un des deux véhicules a été exposé du 4 au 6 mai devant les bâtiments de la Communauté d’Agglomération de Versailles Grand Parc. La démonstration statique a permis à l’équipe de VEDECOM Tech de présenter au public le service de navettes autonomes qui dessert l’allée des Marronniers jusqu’au mobiLAB.

Le service de navettes autonomes de l’Institut VEDECOM a été inauguré le 10 décembre 2018. Mis en œuvre par VEDECOM Tech et opéré par Transdev, ce service de navettes autonomes est le premier en France à naviguer sur route ouverte avec perception étendue.

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Projet AUTOPILOT : les parties prenantes se réunissent pour envisager les modèles économiques associés aux services expérimentés sur le site pilote versaillais

6 mai 2019

Dans le cadre du projet AUTOPILOT, un séminaire « Internet des objets et délégation de conduite » a eu lieu jeudi 18 avril dans les locaux de la Communauté d’Agglomération de Versailles Grand Parc. Il réunissait des parties prenantes des expérimentations menées sur le site pilote français à Versailles, dans le but de réfléchir à l’opportunité de déployer les services expérimentés ainsi que sur la construction de modèles économiques associés.

Evaluer la valeur ajoutée de l’Internet des Objets (IoT) pour la délégation de conduite

Le projet AUTOPILOT est un projet du programme Horizon 2020 de la Commission Européenne. Lancé en 2017, il a pour objectif d’évaluer la valeur ajoutée des technologies issues de l’internet des objets (IoT) pour la délégation de conduite. Des expérimentations en condition réelles sont menées sur 6 sites pilotes en Europe et en Asie, dont la ville de Versailles. L’Institut VEDECOM assure la coordination globale des sites pilotes et de leurs expérimentations de véhicule autonome, ainsi que la mise en œuvre des cas d’usages déployés à Versailles. Dans ce cadre, VEDECOM a développé 3 VFLEX électriques, connectés et autonomes (base Renault Twizy).

Deux cas d’usages expérimentés sur le site versaillais : conduite urbaine couplée à un service d’autopartage et platooning

Deux cas d’usage sont expérimentés sur le site versaillais. Un ‘parcours utilisateur’ est destiné aux touristes souhaitant découvrir les points d’intérêt de la ville de Versailles en conduite connectée et autonome. Il rencontre des usagers vulnérables de la route (piétons et cyclistes) équipés d’objets connectés qui informent le véhicule de leur présence. Cela lui permet d’adapter sa vitesse en conséquence. Les expérimentations ont été menées fin avril 2019. Le ‘parcours opérateur’ quant à lui met en œuvre un service de platooning (convoi) qui permet le rééquilibrage automatique de la flotte de véhicules entre les deux stations d’autopartage installées sur le territoire dans le cadre du projet. Les expérimentations auront lieu début juillet 2019.

Le parcours utilisateur : sécuriser la conduite par la redondance d’informations des capteurs du véhicules et des IoT

Arrivé à la Pièce d’Eau des Suisses, l’utilisateur est invité à passer en conduite déléguée. Sur son passage, il rencontre des usagers vulnérables de la route équipés d’objets connectés (smartphones, smartwatch, vélo connecté). L’objet de l’expérimentation est alors de faire la preuve de la valeur ajoutée de ces objets pour la conduite déléguée : la redondance des informations enregistrées par les capteurs du véhicule et les objets connectés va permettre de sécuriser davantage la conduite. La démonstration est convaincante : le véhicule se trouve soudainement confronté à l’irruption d’un cycliste non équipé d’IoT qui lui barre la route à pleine vitesse. Le freinage d’urgence est activé, le véhicule pile. Même scénario mais cette fois-ci avec un vélo connecté à l’IoT : le véhicule commence à ralentir bien avant l’intersection incriminée. Les informations envoyées par le vélo ont permis au véhicule d’anticiper la présence, la vitesse et l’intention du cycliste, et d’adapter sa conduite en conséquence.

Le parcours opérateur : rééquilibrer automatiquement la flotte automobile grâce au platooning

Le deuxième cas d’usage consiste en un parcours opérateur, visant à faciliter le rééquilibrage de la flotte de véhicules en autopartage. Les expérimentations concernent alors le platooning ou convoi. Un service de Fleet Management System identifie sur la tablette de l’opérateur quand et de combien il va falloir rééquilibrer la flotte automobile entre les deux stations d’autopartage équipées de bornes de recharge installées dans la ville. L’agent peut alors réaliser un petit convoi de véhicules autonomes, capables de suivre automatiquement la trajectoire d’un véhicule de tête, qu’il conduit manuellement. L’échange de données se fait entre les véhicules, mais aussi entre les véhicules et l’infrastructures. Des unités de bord de route permettent ainsi au véhicule de tête de communiquer avec les feux afin de permettre la traversée des intersections en toute sécurité et sans coupure du convoi (Traffic Light Assist).

Un workshop pour évaluer l’opportunité de déploiement des services et les modèles économiques associés

Dans le cadre des phases 4 et 5 du projet AUTOPILOT, l’Institut VEDECOM, la Communauté d’Agglomération Versailles Grand Parc et leurs partenaires ont invité ce jeudi 18 avril l’ensemble des parties prenantes à un séminaire : « Internet des objets et délégation de conduite ». Le workshop avait pour but d’évaluer les opportunités et les freins au déploiement des services mis en œuvre dans les expérimentations et de réfléchir à un business model pérenne qui pourrait les porter. La journée a alterné présentations du projet et des partenaires, démonstrations et temps de discussion interactifs afin de permettre aux participants de cerner au mieux les services proposés et d’envisager les meilleurs modèles économiques associés.

https://autopilot-project.eu/

 

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50 solutions de mobilité émergentes passées au crible

Rémy Le Boennec, chercheur à l’Institut VEDECOM et LGI CentraleSupélec ( Université Paris-Saclay), en collaboration avec Isabelle Nicolaï (LGI CentraleSupélec, Université Paris-Saclay) et Pascal Da Costa (LGI CentraleSupélec, Université Paris-Saclay), a présenté une étude dans le cadre du projet de recherche baptisé l’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité de l’Institut VEDECOM. Elle évalue 50 solutions de mobilité émergentes sur la base de 18 indicateurs de développement durable et de caractéristiques territoriales. Le but est d’aider les décideurs à élaborer, sur leur territoire, des scénarios de mobilité pertinents et viables de déploiement de nouvelles offres. Retour sur cette étude parue paru dans les actes de la conférence internationale Transport Research Arena (TRA), qui avait lieu à Vienne du 16 au 19 avril 2018.

Vers de nouveaux usages de la voiture individuelle et des modes de transport

L’opposition traditionnelle entre voiture personnelle et transports collectifs tend à s’atténuer et nombreux sont ceux qui voient l’automobile comme « le transport en commun de demain » pour compléter l’offre publique dans des lieux ou à des heures où elle est aujourd’hui peu compétitive (espaces peu denses, soirée). Plébiscitée pour sa praticité, l’automobile est utilisée quotidiennement par 64% des Français vivant dans une commune rurale et 44% de ceux vivant dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.[1] Elle porte néanmoins son lot de nuisances (bruit, pollution, émission de gaz à effet de serre), d’accidents et d’embouteillages. En parallèle, l’émergence du concept de mobilité inclusive, qui vise à proposer des solutions physiquement et financièrement accessibles aux catégories de populations exclues d’un accès à la mobilité « standard », invite à repenser nos modes de déplacement et à faire évoluer notre cadre institutionnel en ce sens. L’adoption des nouvelles offres de mobilité durable continue quant à elle à se confronter à des obstacles tant psychologiques que sociologiques. Les usagers pratiquent régulièrement l’intermodalité, qui est la combinaison de plusieurs modes de transport dans un même déplacement, ou la multimodalité, à savoir l’usage alternatif de plusieurs modes dans des déplacements différents. Ces modes représentent toutefois, malgré des signes de développement encourageants, un trop faible pourcentage de la population.

L’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité : un outil d’aide à la décision

C’est pour réduire cette fracture, à la fois territoriale et sociale, qu’a été menée cette étude présentée lors de la conférence TRA. Elle permet aussi d’accompagner le changement des comportements et de prendre en compte la profusion des nouvelles offres de mobilité dans le processus de prise de décision. Destiné aux décideurs, l’Observatoire vise à évaluer les nouvelles offres de mobilité en fonction de caractéristiques géographiques et socio-démographiques relatives à des types de territoire présentant des densités d’habitat, des densités d’emploi et des flux de population qui leur sont spécifiques. Pour un trajet donné, chaque solution évaluée est comparée à la voiture personnelle à moteur thermique, utilisée par un conducteur seul. Les spécificités territoriales sont cruciales. Si par exemple les solutions d’autopartage se révèlent pertinentes dans les villes centre, elles le sont rarement dans les espaces faiblement peuplés. De la même manière, le succès d’Uber est lié aux faibles distances à parcourir dans les villes centrales. La question est de savoir comment identifier les caractéristiques des usagers inter et multimodaux pour les transférer aux autosolistes exclusifs, et aider ainsi les opérateurs de mobilité, historiques ou nouveaux entrants sur le marché, à concevoir des offres innovantes, adaptées au marché visé, et économiquement durables.

A chaque territoire sa solution, y compris au sein de l’Ile de France

L’évaluation menée dans le cadre de l’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité va donc de pair avec l’établissement d’une typologie de territoires : pour l’Ile-de-France par exemple, il est possible de distinguer différents types de territoires, de Paris intra-muros jusqu’aux espaces périurbains et ruraux. Les spécificités de chaque type de territoire en matière de déplacements induisent le recours à des solutions de mobilité différentes. Dans Paris intra-muros, les offres historiques (transport collectif) et émergentes (vélos, scooters ou trottinettes en libre-service) co-existent, ce qui rend délicate la conduite d’une politique de mobilité articulant au mieux les différentes solutions. Dans les espaces urbanisés proches, le recours au vélo et à l’autopartage complète encore, le plus souvent, l’offre historique de transports collectifs. Dans le reste de l’espace urbanisé, le réseau de transport collectif reste dense, mais compte tenu des distances plus importantes à parcourir, il est difficile d’offrir des services de mobilité partagée sans discontinuité : quand on prend un Vélib’ dans une station, par exemple, il faut pouvoir le déposer dans une station peu éloignée. Dans les villes moyennes du reste de la grande couronne (espace périurbain), les services de mobilité s’organisent généralement en rabattement autour des gares ; enfin dans les communes non desservies par une gare de la grande couronne parisienne et des régions limitrophes, peu densément peuplées, on constate, hors des expérimentations ponctuelles, un réel manque d’offre de mobilité alternatives à la voiture personnelle.

Une méthode originale en deux étapes pour élaborer des scénarios de mobilité propres à son territoire

Pour tenter d’apporter des éléments de réponse à ces différentes problématiques, l’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité a évalué 50 solutions de mobilité, majoritairement émergentes. Il utilise une méthodologie originale en deux étapes. La première consiste, grâce à une analyse multicritères, à attribuer un score consolidé à chacune de ces offres sur la base de 18 indicateurs. Les critères retenus, déclinés en indicateurs de mesure pour le processus d’évaluation, ont été validés par un groupe d’experts en mobilité associant chercheurs, industriels et territoires. Les critères retenus couvrent les trois domaines du développement durable : économique, environnemental et social.

Obtenus grâce au logiciel Diviz, les résultats montrent que dans les espaces très densément peuplés, comme Paris, la voiture personnelle à moteur thermique est peu efficace (en raison des critères environnementaux plus importants dans les espaces centraux), contrairement aux territoires peu densément peuplés où le recours à la voiture personnelle est massif, essentiellement par habitude et pour des raisons pratiques (gain de temps, …). Pour des raisons similaires, le covoiturage se présente comme une alternative écologique dans les espaces peu denses. A l’inverse, la performance spatiale de la voiture personnelle électrique décroît lorsque l’on s’éloigne des espaces densément peuplés. Le recours à des solutions actives partagées (par exemple Vélib’ à Paris) n’est globalement viable et praticable que dans les zones denses à très denses. Les navettes autonomes présentent le même profil, à la fois parce que la vitesse de déplacement est encore peu compétitive face à la voiture thermique dans les régions peu densément peuplées, mais également parce que la préoccupation écologique s’y fait moins ressentir (critères environnementaux peu pondérés dans les espaces peu denses). De façon surprenante, la marche obtient le score le plus élevé, quel que soit le type de territoire considéré, tant en raison de facteurs économiques (faible coût pour l’usager) qu’environnementaux ou encore sociaux (pratique quasi-universelle, confiance dans le mode…).

Dans une seconde étape, des relations d’influence et de dépendance entre les 18 indicateurs sont établies grâce au logiciel MICMAC,. Pour chaque type de territoire, une matrice des interactions entre les différents critères pris deux à deux est renseignée. On obtient une cartographie des influences et dépendances entre critères qui permet, finalement, d’établir un ou deux scénarios territorialisés pour la conception de solutions de mobilité innovantes ou hybrides.

Trois éléments à prendre en compte pour promouvoir une mobilité plus durable

De nombreux outils d’observation s’intéressent aux mobilités de demain. L’originalité de la démarche de l’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité réside quant à elle dans le fait qu’elle compare les offres émergentes telles que covoiturage, autopartage et modes actifs, grâce aux scores obtenus par l’analyse multicritères. Unique, elle offre aux autorités publiques des éléments complémentaires en faveur d’un arbitrage plus fin des solutions à promouvoir. Grâce à un travail de veille systématique, l’Observatoire va continuer d’évaluer et de classer de nouvelles offres de mobilité. Au vu des résultats intermédiaires, trois éléments ressortent en faveur d’une mobilité plus durable :

  • Le covoiturage conducteur présente des profils spatiaux similaires à ceux de la voiture personnelle, avec une performance relativement meilleure dans des territoires peu denses. Il reste cependant sous-exploité.
  • Les modes de déplacement actifs, notamment la marche, doivent être encouragés partout par les autorités publiques, en déployant notamment des règles et des infrastructures qui en garantissent la possibilité, la sécurité et le confort, ainsi qu’un accès aisé aux zones commerciales.
  • Enfin, dans les régions peu densément peuplées, la marche doit évidemment pouvoir être combinée avec d’autres modes de transport. Des applications performantes d’information multimodales, qui remportent elles aussi un score élevé dans tous les types de territoire, pourraient y être heureusement déployées.

Demain, une brique dans un pack plus global pour accompagner les acteurs de la mobilité

L’Observatoire des Nouvelles Solutions de Mobilité constituera par la suite une brique qui a vocation à intégrer un pack plus global à destination des territoires et entreprises :

  • Nouvelles mobilités (l’observatoire) : un service d’évaluation des nouvelles solutions de mobilité
  • Business models: un service d’analyse des business models et de leur robustesse
  • Parcours d’usagers: un service d’analyse terrain des parcours d’usagers des nouvelles mobilités

L’article complet

Contacter l’auteur => mailto :remy.leboennec@vedecom.fr

https://www.researchgate.net/profile/Remy_Le_Boennec

[1] Source : Chronos, l’ObSoCo, 2018

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Entropy, une première startup issue des travaux de l’Institut VEDECOM pour analyser les besoins des gestionnaires de mobilité grâce à l’intelligence artificielle

Quels sont les motifs de déplacement ? Quels sont les modes de transports utilisés ? Quels sont les itinéraires empruntés ? Entropy, la nouvelle startup issue des travaux de recherche de l’Institut VEDECOM, propose aux opérateurs et aux collectivités un outil pour connaître, mesurer et analyser tous les besoins en mobilité sur un territoire donné. Grâce à une intelligence artificielle qui modélise les flux, Entropy permet d’acquérir une connaissance fine de la mobilité d’un territoire pour décider et évaluer les aménagements ou les services nécessaires sans passer par une enquête terrain.

Entropy fournit un logiciel multi-sources et prédictif qui s’appuie sur la multiplicité des données disponibles : GPS des voitures, démographie, réseaux de transport…Une interface de visualisation permet d’observer sur une carte interactive l’ensemble des déplacements effectués sur un territoire pendant une journée type de 24 heures.

L’utilisation de l’intelligence artificielle présente des atouts majeurs : réactif, l’outil proposé par Entropy couvre l’intégralité du territoire français avec une efficacité similaire aux enquêtes terrain réalisées en face à face mais à moindre coût.

La startup se fixe un objectif ambitieux : s’affirmer d’ici 2022 comme le leader en France de l’estimation de la demande pour les gestionnaires de mobilité.

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

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