Le démonstrateur NAVETTY est un service de mobilité en navettes autonomes sur un site représentatif d’une agglomération. Lancé en mai 2021, il sera opérationnel sans opérateur à bord dès 2022.
Une démonstration de 3 ans baptisée NAVETTY démarre sur le site industriel d’ArianeGroup aux Mureaux (78). Le projet de R&D NAVETTY est porté par VEDECOM, institut de recherche sur les mobilités du futur, ArianeGroup, Transdev Systèmes de Transport Autonome, EasyMile et le Conseil départemental des Yvelines, qui a investi massivement pour la réussite de ce projet.
Il a pour objectif de mettre en œuvre un service de mobilité avec des navettes électriques autonomes sans opérateur à bord sur un site représentatif de la complexité d’une agglomération.
Celui-ci sera supervisé à distance via un logiciel depuis un PCC local et s’appuiera sur une infrastructure routière connectée. Il s’agit d’une première étape primordiale et unique en Europe qui permettra de valider la technologie et le modèle économique, condition nécessaire pour le déploiement d’un service à grande échelle qui sera initié sur voies publiques en vallée de Seine.

Vue aérienne du site ArianeGroup Mureaux ©Mairie des Mureaux / Philippe Graindorge
Les navettes autonomes Navetty sont des EasyMile EZ10 ©ArianeGroupe
NAVETTY s’appuiera sur cinq axes de R&D. Le premier constitue l’enjeu principal du projet : après l’expérimentation de Satory avec des navettes à perception étendue avec opérateur à bord, sur route ouverte, il s’agira de passer en mode sans opérateur à bord, avec une supervision à distance. Les 4 autres axes de recherche sont la cybersécurité, la sûreté de fonctionnement du système de mobilité, les infrastructures connectées intelligentes et l’acceptabilité de l’écosystème.
Pour ce démonstrateur à grande échelle, le choix du site ArianeGroup des Mureaux, qui s’étend sur une surface de 92 ha, s’est révélé idéal car il réunit tous les éléments de complexité d’une agglomération urbaine : circulation routière et piétonne, ronds-points, intersections et stationnement. Un environnement qui doit permettre de préparer un futur passage à l’échelle urbaine. Ce service de navettes autonomes a été également conçu pour répondre aux besoins d’ArianeGroup pour faciliter l’accès à ses sites.
La supervision à distance : une technologie essentielle pour un passage en mode « sans opérateur à bord »
La mise en place d’un service de mobilité avec des véhicules autonomes sans opérateur à bord, qui présente la qualité de service et le niveau de sécurité requis, nécessite une nouvelle technologie permettant d’assurer la supervision par un opérateur à distance. Il s’agit du logiciel de Supervision de Flottes de Véhicules Autonomes développé par Transdev Systèmes de Transport Autonome. Celui-ci a trois fonctions principales : le management de la flotte, le monitoring du système et l’expérience client.
Au sein du PCC installé sur le site, des opérateurs de supervision de Transdev Ile-de-France seront présents afin de superviser le service en temps réel.
La cybersécurité et la sûreté de fonctionnement du système de mobilité : des requis préalables
La cybersécurité est au centre des recherches menées dans le cadre de ce projet. L’enjeu est d’assurer la sécurité du système de mobilité contre d’éventuels actes de malveillance.
En effet, les véhicules autonomes actuels embarquent des technologies permettant d’assurer la perception, la supervision et la décision d’une trajectoire. Ces facultés sont rendues possibles grâce à des capteurs et des unités de traitement et de calcul qui doivent être parfaitement sécurisés pour le transport de passagers.
Gestion autonome de passage des ronds-points : une étape technologique majeure
L’infrastructure connectée et intelligente mise en place au niveau des carrefours et ronds-points est développée par VEDECOM. Le but est de gérer de manière plus efficace le passage d’un rond-point par une navette. L’infrastructure sera capable d’analyser l’activité des véhicules et des utilisateurs du rond-point sur ses axes d’entrée et de sortie, ainsi que de transmettre des autorisations aux navettes afin de permettre une meilleure gestion du passage du rond-point, avec fluidité et en toute sécurité : autorisation ou interdiction de s’engager dans le rond-point, proposition d’une trajectoire optimale.
L’acceptabilité de l’écosystème : un enjeu déterminant pour valider le modèle
Pour maximiser la réussite de ce service de mobilité autonome inédit, son acceptabilité constitue un enjeu déterminant. Les travaux réalisés par VEDECOM dans le cadre de ce projet s’attacheront à prendre en compte les avis des utilisateurs finaux, mais aussi ceux de l’ensemble des acteurs de l’écosystème dont les actions peuvent avoir un impact direct ou indirect sur le déroulement du service.
Plusieurs cas d’usage étudiés, du site industriel d’ArianeGroup aux gares et au Campus des Mureaux, via des zones urbaines et péri-urbaines
En parallèle des travaux de recherche, plusieurs cas d’usage vont être étudiés pour préparer le déploiement de navettes autonomes sur le territoire des Yvelines.
Cas d’usage 1 : service de navette autonome sans opérateur à bord, sur un site industriel représentatif d’une agglomération.
Le premier cas d’usage est la mise en opération d’un service de transport en navettes autonomes sur le site d’ArianeGroup aux Mureaux, site spécialisé dans la maîtrise d’œuvre et la conduite de grands programmes spatiaux civils et militaires incluant le développement d’Ariane 6.
Il s’agit de proposer pendant 3 ans un service de transport avec deux navettes autonomes. Le service démarrera en 2021. L’objectif est ensuite d’exploiter ce service sans opérateur à bord à partir de 2022. Ce site dont la superficie (50 bâtiments répartis sur 92 ha) et la fréquentation (2 700 personnes) sont comparables à celles d’un quartier d’une agglomération, constitue un lieu de démonstration idéal.
Cas d’usage 2 : service de navette autonome du « dernier kilomètre » pour relier une gare à un site industriel.
Un autre parcours sera analysé puis expérimenté pendant un temps limité au cours du projet, en concertation avec l’autorité organisatrice de mobilité. Celui-ci reliera la gare des Mureaux au site d’ArianeGroup qui se trouve à une distance de moins de 2 km.
Cas d’usage 3 et 4 : service de mobilité autonome en zone urbaine et péri-urbaine.
Deux autres parcours seront étudiés pour évaluer les conditions de faisabilité de la mise en place d’un service de mobilité en navettes autonomes, en zone urbaine et péri-urbaine, entre le Campus des Mureaux et la gare des Mureaux (cas 3) et entre la gare des Clairières de Verneuil et le site d’ArianeGroup (cas 4). Le Campus des Mureaux, un haut lieu de l’innovation en Île-de-France, attire des flux importants depuis et vers les gares et le site d’ArianeGroup. De plus, le flux entre la gare des Clairières de Verneuil et le site ArianeGroup est particulièrement important aux heures de pointe, car les trajets se font actuellement essentiellement en voiture.
NAVETTY, un projet partenarial sur le territoire des Yvelines
Les Yvelines étant le premier département automobile de France, le Conseil départemental des Yvelines soutient depuis son origine l’Institut VEDECOM, notamment à travers un financement de 20 millions d’euros de son programme de Recherche & Développement autour des mobilités innovantes (mobilité décarbonée, véhicule autonome…) faisant du Département le principal financeur public de l’Institut aux côtés de l’ANR.
Avec cette expérimentation, le Département des Yvelines confirme son soutien au redéveloppement industriel du territoire de Grand Paris Seine & Oise et renforce sa politique d’investissement dans les mobilités sur ce territoire (enveloppe financière d’environ 500 M€ dédiée aux grands projets de transports en commun ferrés et à la création d’infrastructures routières départementales).
Au-delà de l’intérêt technologique du projet, le Département entend aussi soutenir le mariage de l’expertise de l’industrie spatiale d’ArianeGroup en matière de systèmes complexes avec l’expertise d’acteurs de la mobilité autonome comme VEDECOM, Transdev Systèmes de Transport Autonome et EasyMile, dans une logique consistant à renforcer les liens entre les industries aéronautiques, technologiques et automobiles très présentes sur le territoire.

« Les Yvelines sont un territoire d’innovation et le lancement de cette expérimentation réaffirme notre volonté de développer les mobilités innovantes et durables sur notre Département. Je me réjouis de cette dynamique industrie / recherche. Mise au service des Yvelinois, elle s’apprête à révolutionner leur quotidien », déclare Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines.
NAVETTY répond à l’ambition de VEDECOM de développer des technologies de rupture et une vision transversale des nouveaux usages, en coopération avec des acteurs industriels majeurs et par des mises en œuvre concrètes pour la collectivité. Il consacre plus d’un tiers de son activité à la R&D sur le véhicule autonome et connecté et un autre tiers à celle sur le véhicule électrique. Il a développé une expertise interdisciplinaire sur la thématique du véhicule autonome, rendue visible par un certain nombre de premières en France et en Europe, telles que la première démonstration de véhicule autonome de niveau 4 en Europe sur route ouverte (7 km) à Bordeaux en 2015, ou la première démonstration de service autonome à la demande sans chauffeur, avec interface client et supervision à distance, sur zone frontalière, à Strasbourg en 2017. De ce fait, il contribue activement à la Stratégie Française sur le Véhicule Autonome. Il a lancé en novembre 2020, avec ses partenaires, le premier baromètre mondial sur l’acceptabilité du véhicule autonome.

Pour Philippe Watteau, Directeur Général de VEDECOM, « ce projet porte un double enjeu, à la fois technologique et social : accélérer le passage de la recherche appliquée sur le véhicule électrique et autonome, à la mise en œuvre opérationnelle ; apporter de vrais services aux populations, dans des zones excentrées où les coûts de transport traditionnel sont trop élevés. VEDECOM y jouera aussi pleinement son rôle : un rôle de fédérateur public/privé, et un rôle de soutien au développement économique d’industries françaises »
Le montage du projet NAVETTY
Le projet, piloté par VEDECOM, est porté et financé par quatre partenaires via un contrat de consortium entre VEDECOM, ArianeGroup, Transdev Systèmes de Transport Autonomes et EasyMile. Le Département des Yvelines apporte également un soutien de 2,5M€ à ce projet, faisant de lui le principal financeur.
ArianeGroup mettra à disposition son site des Mureaux, dans les Yvelines, au service de l’écosystème de la mobilité autonome pour accueillir l’expérimentation in-situ, étudier une solution aux problématiques de mobilité et contribuer à la diminution de l’empreinte carbone. Outre les premiers et derniers kilomètres en interconnexion des gares, l’expérimentation doit faciliter la fluidité des déplacements des salariés et visiteurs entre les bâtiments, et limiter l’usage des véhicules individuels sur le site. Une évaluation de ce cas pilote pourrait permettre d’étudier un déploiement à plus grande échelle sur d’autres sites ArianeGroup.

« Innovation technologique et responsabilité environnementale sont au cœur des savoir-faire spatiaux d’ArianeGroup. En tant que leader européen de l’accès à l’espace, nous contribuons quotidiennement à améliorer la vie sur Terre, et c’est donc à la fois une fierté et une évidence de mettre notre site à disposition pour cette expérimentation », a expliqué Hugues Emont, directeur du site ArianeGroup des Mureaux.
Transdev Systèmes de Transport Autonome est intégrateur de systèmes de transport autonomes, comprenant la supervision, les véhicules autonomes et l’infrastructure connectée. Transdev Systèmes de Transport Autonome fournit des outils technologiques et des services d’ingénierie aux opérateurs locaux et aux villes, pour l’exploitation quotidienne de services de mobilité autonome à grande échelle. Grâce à Transdev Systèmes de Transport Autonome, Transdev est leader dans l’exploitation de services de mobilité autonome, avec plus de 3,5 millions de personnes transportées en véhicules autonomes partagés dans le monde.

« Ce nouveau projet va nous permettre, avec nos partenaires, de franchir une nouvelle étape significative dans le développement de la mobilité autonome et la préparation d’un modèle économique et social efficient. Nous sommes convaincus du rôle central de la supervision dans le cadre de l’opération de services de mobilité autonome sans opérateur à bord, et nous sommes fiers de pouvoir l’expérimenter sur le site d’ArianeGroup aux Mureaux », indique Patricia Villoslada, Directrice de Transdev Systèmes de Transport Autonome.
EasyMile, fort de son expérience reconnue dans les solutions de mobilité autonomes, propose de fournir les navettes nécessaires à la mise en place de ce projet et les services associés. Depuis le premier jour, EasyMile s’emploie à développer des solutions sûres et performantes pour déployer des véhicules autonomes de niveau 4. La majorité des plus de 300 déploiements réalisés par EasyMile avec sa navette EZ10 ont été réalisés sur route ouverte, mais les réglementations locales à travers le monde obligent la présence d’un opérateur de sécurité à bord des navettes. EasyMile est donc particulièrement intéressé par le projet afin de pouvoir tester et améliorer le déploiement et la gestion d’une opération sans opérateur à bord dans un environnement complexe et représentatif d’une agglomération.

« Ma vision sur les véhicules autonomes est la suivante. Le transport public autonome arrive et arrivera bien avant les voitures et les taxis sans chauffeur. La relative simplicité d’un service de transport en commun le rend idéal pour la technologie autonome déclare Gilbert Gagnaire, Président Fondateur d’EasyMile. Aujourd’hui, avec ce projet unique, nous passons à une étape supérieure dans le déploiement de notre technologie, qui nous permettra d’expérimenter un service sans opérateur en environnement réaliste, et ainsi apporter de nouvelles solutions de mobilité pour de futures applications similaires ».
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Voir la vidéo de présentation du projet Navetty

VEDECOM a le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse de Tatiana BABICHEVA, docteur en mathématiques appliquées et applications des mathématiques.
« Machine Learning pour la gestion distribuée et dynamique d’une flotte de taxis et navettes autonomes », tel est le thème de sa thèse qui se tiendra le 10 mars 2021 à 9h30 par zoom.
N’hésitez pas à suivre cet évènement :
Lien de connexion à la soutenance de thèse
Le jury est composé de :
- Mme Leïla KLOUL, MCF (HDR), Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, FRANCE – Directeur de these
- M. Dominique BARTH, Professeur, Université de Versailles SainDt-Quentin-en-Yvelines, FRANCE – Co-encadrant de these
- M. Alain QUILLIOT, Professeur des Universités, Université Clemont-Ferrand II, FRANCE – Rapporteur
- M. Akka ZEMMARI, Maître de conférences (HDR), Université de Bordeaux, FRANCE – Rapporteur
- M. Wilco BURGHOUT, Directeur de recherche, KTH Royal Institute of Technology, SUÈDE – Co-encadrant de these
- M. Jakob PUCHINGER , Professor, CentraleSupélec, FRANCE – Examinateur
- M. René MANDIAU, Professeur des universités, Université Polytechnique Hauts-de-France , FRANCE – Examinateur
- M. S. M. Hassan Mahdavi, PhD, Vedecom, Mobilab – Invité
Résumé
Cette thèse a pour objet l’étude des méthodes de gestion des systèmes urbains de taxis électriques autonomes partagés dans un contexte en ligne dans lequel :
- les requêtes des clients se produisent au fil du temps
- les véhicules sont disponibles pour le partage de trajet et nécessitent une gestion de la recharge électrique.
Nous proposons des heuristiques basées sur la décomposition de ce problème qui inclut la répartition du réseau routier et la mise en évidence de sous-problèmes tels que la gestion de la charge, la redistribution des véhicules vides et le partage de trajet dynamique.
Nous proposons un ensemble de nouvelles méthodes proactives de redistribution des véhicules vides. Nous prenons en compte à la fois la demande actuelle et la demande future anticipée, contrairement aux méthodes réactives, qui agissent uniquement sur la demande actuelle.
Nous fournissons un apprentissage par renforcement à différents niveaux, en fonction de la granularité du système. Nous proposons deux modèles :
- un modèle RL basé sur les stations pour les petits réseaux
- un modèle RL basé sur les zones pour les plus grands réseaux et où les agents sont des zones de la ville obtenus par partitionnement.
L’optimisation complète de l’information est fournie afin d’analyser les performances du système a-posteriori, dans un contexte hors ligne.
L’évaluation des performances des méthodes proposées est réalisée dans un ensemble de réseaux routiers de nature et de taille différentes.
La méthode proposée donne des résultats prometteurs. Ces résultats surpassent les autres méthodes testées et les données réelles sur les performances du système de taxi en termes de nombre de passagers satisfaits au sein d’une taille de flotte fixe.
Le 28 janvier 2021, VEDECOM a réuni, pour le compte du Battle Lab Terre, plusieurs industriels français de la Défense terrestre.
Objectif : mettre en œuvre un convoi autonome de véhicules en mode multi-Follow Me derrière un véhicule de tête. La perspective à terme est de déployer des convois autonomes interopérables sur les théâtres d’opération en intégrant les contraintes du domaine de la défense.
Les partenaires du projet étaient NEXTER Robotics, ARQUUS et CNIM.
Un partenariat inédit lancé juste après l’inauguration du Battle Lab Terre
VEDECOM a été missionné en tant que tiers de confiance et Institut de R&D expert sur la question du véhicule autonome et électrique. L’Institut de Transition Energétique dispose en effet à Versailles, dans le quartier de Satory, de plateformes et d’équipes de recherche dédiées à ces deux domaines ainsi qu’aux nouvelles solutions de mobilité. Ses équipes ont récemment mis au point une technologie de convois autonomes pour véhicules civils expérimentée sur route ouverte à Versailles, dans le cadre du projet européen Autopilot.
VEDECOM est aussi situé au cœur du « cluster des mobilités innovantes » porté par le Département des Yvelines, à côté d’Arquus et Nexter, à deux pas des pistes d’essai et du tout nouveau Battle Lab Terre. Enfin, il bénéficie d’un important écosystème de partenaires et membres, à commencer par Renault et PSA.
Ce projet commun, intitulé MC² pour « Micro-convoi au contact », a été coordonné par sa filiale commerciale VEDECOM Tech. Il a commencé par la création d’un consortium entre l’institut de recherche VEDECOM, VEDECOM Tech et les industriels NEXTER Robotics, ARQUUS et CNIM.
Le rôle de VEDECOM Tech était double : coordonner l’ensemble des acteurs pour mettre en oeuvre un convoi interopérable puis réaliser l’évaluation dynamique du convoi. Le second volet permet notamment d’objectiver le comportement de chacun des véhicules dans le convoi, de statuer sur l’état de l’art et d’identifier des axes de progrès.
Après la phase de mise au point des briques technologiques, le projet s’est concrétisé par une démonstration devant les représentants de l’Armée et de l’Etat. Celle-ci s’est tenue le 28 janvier 2021 sur les pistes d’essais de Versailles-Satory.
Des véhicules et robots divers réunis par la technologie « Follow-me »
Le convoi a mis en œuvre quatre types de véhicules :
- un Sherpa Light, mis à disposition par Arquus, véhicule leader
- le Robot-LAB, sur base PVP, mis à disposition par Arquus, véhicule suiveur
- le robot-mule Optio, mis à disposition par Nexter Robotics, véhicule suiveur
- un robot-Mule Themis 4.5, mis à disposition par CNIM, véhicule suiveur
Les trois véhicules suiveurs étaient équipés de briques technologiques dénommées « Follow Me », permettant à chaque robot de suivre le véhicule devant lui, le « véhicule cible ». Dans le cas du convoi « multi-follow Me », chaque robot s’atèle virtuellement et adapte de façon autonome sa trajectoire et sa vitesse afin de former le convoi. Chaque véhicule construit ainsi sa propre trajectoire.
Il faut bien distinguer la technologie « Follow me » du platooning, terme consacré pour des convois autonomes lorsque tous les véhicules doivent rejouer une même trajectoire (par exemple à travers une trace GPS) et avec une consigne de vitesse gérée de manière globale.
Une exigence d’interopérabilité et d’interchangeabilité
Le projet MC² vise à démontrer l’interopérabilité sur deux axes majeurs : hétérogénéité des véhicules et interchangeabilité des robots dans le convoi.
Concernant l’hétérogénéité des véhicules, le convoi combinait à la fois un véhicule tactique 4*4 de 11 tonnes, capable de rouler à 110km/h, un véhicule de reconnaissance 4*4 de 5,5 tonnes dont la robotisation permet de rouler à 20km/h et 2 robots mules chenillés multi-usages de 2 tonnes capables de rouler à 18km/h.
Deux configurations de convoi ont été mise en œuvre afin de démontrer la capacité des robots à s’atteler à différents véhicules.


Evaluation dynamique
Afin d’évaluer le comportement dynamique du convoi, VEDECOM Tech a utilisé la technologie Ultra Wide Band (UWB). La zone d’évolution des véhicules a été définie et équipée avec des émetteurs fixes géolocalisés appelés « ancres ». Les véhicules, quant à eux, ont été équipés de récepteurs permettant de se positionner dans le référentiel formé par les ancres.
L’ensemble des données de localisation a été enregistré en temps réel. Le post-traitement permet de caractériser le comportement dynamique du convoi :
- vitesse de chaque véhicule
- interdistance entre les véhicules
- écart latéral à la trajectoire des robots
Statuer sur l’état de l’art en France et accroître la sécurité des forces
Cet évènement marque la première étape en France du développement de convois autonomes (« platooning » en anglais) interopérables répondant aux exigences militaires et capables d’opérer en milieu déstructuré. Les principaux objectifs de cette démarche sont d’accroitre la sécurité des forces en optimisant la logistique, et de recentrer les ressources humaines sur l’opérationnel. Parmi les applications envisagées : des convois logistiques autonomes longue distance ou des convois polyvalents autonomes du dernier kilomètre.
Partenaires et porte-paroles
Partenaires lors de l’évènement :

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Le projet PACV2X a permis de valider une technologie basée sur la fusion de données issues de l’infrastructure
Face à une demande accrue de mobilité, à l’augmentation de la circulation et aux évolutions technologiques, l’infrastructure se doit d’évoluer notamment pour faciliter la transition entre nos véhicules actuels et ceux de demain qu’ils soient coopératifs ou autonomes. Pour répondre à ce nouvel enjeu de mobilité, l’infrastructure routière et autoroutière doit s’équiper de services garantissant des trajets en toute sécurité.
En effet, dans certaines situations, les véhicules coopératifs et potentiellement automatisés ne disposent pas d’un niveau de compréhension suffisant pour détecter et éviter une collision par leurs propres moyens.
Le projet, baptisé PAC V2X pour “Perception augmentée par coopération V2X”, avait pour objectif d’accroître la perception de ces véhicules par la simple utilisation de leurs propres moyens, pour éviter la collision. Les cas les plus courants : intersections, hauts de cote, routes en courbes, masquage lié au trafic ou à l’infrastructure. Les conclusions du projet ont été présentées le 8 décembre dernier.
Il a été porté par un consortium composé des huit partenaires : SIGNATURE VERTICAL & MOBILITY SOLUTIONS, SANEF, VEDECOM, INRIA, LOGIROAD, DIGIMOBEE, MARBEN et VICI
Des messages envoyés aux véhicules automatisés depuis le bord de route
Pour accroître la perception, le projet PAC V2X vise à équiper les unités de bord de route (UBR) de radars et caméras positionnées à des endroits stratégiques. Ces UBR transmettent leur perception aux véhicules connectés à travers des messages V2X standardisés ou en cours de normalisation afin d’anticiper les situations complexes et de faciliter la prise de décision.
« Notre institut est fier d’avoir apporté de nouveaux outils au bien commun, en travaillant sur la fusion des données issus des unités installés sur la route et sur la communication d’informations au véhicule » soulignent Oyunchimeg Shagdar et Pierre Merdrignac, chercheurs chez VEDECOM.
Des innovations importantes pour améliorer la sécurité et le trafic
Les cas d’usage ciblés par PACV2X s’appliquent en particulier sur autoroutes, péages et intersections :
- alerte en cas de risque de collision pour la violation de signal lumineux et la conduite à contresens ;
- assistance aux changements de voie pour l’insertion sur autoroute, le passage des zones de chantier et le dépassement avec visibilité limité (par exemple, un bus masquant la route) ;
- contrôle du trafic sur des zones spécifiques comme l’assistance à l’ordonnancement de trafic aux intersections pour les véhicules prioritaires ou l’assistance au péage ;
- diffusion de limite de vitesse contextuelle.
Une technologie viable et standardisée
A partir de la spécification des cas d’usage et de la spécification technique du système, le projet a montré la faisabilité technique de l’approche proposée. Pour cela, des prototypes d’unité de bord de route ont été développés et testés en conditions variées. Une phase d’essais sur piste a permis de valider le système. Ensuite, une expérimentation sur route ouverte a été menée sur plusieurs sites, à la fois en milieu urbain et en milieu autoroutier.
L’évaluation a permis de montrer les capacités techniques du système pour étendre la perception des véhicules et traiter les cas d’usage ciblés par le projet. En complément, l’évaluation a mis en valeur les bénéfices attendus en termes de sécurité routière et de gestion du trafic. Le projet PAC V2X s’est attaché à s’appuyer sur des standards existants et à apporter sa contribution auprès des organismes de standardisation européens.
VEDECOM expert de la fusion de données de capteurs et de messages V2X

L’équipe « REVECOM » de VEDECOM a développé des modules de perception augmentée basés sur la fusion des données issues de capteurs (caméras, Lidar) et des messages de communication V2X.
Elle a également développé des modules applicatifs offrant une assistance aux véhicules connectés sur des zones où leur perception est limitée (intersection, zone de péage, zone de travaux, arrêt de bus).
Par ailleurs, elle a assuré la coordination et participé aux tests du système sur les pistes de Satory et aux expérimentations en milieu ouvert à Versailles et sur le réseau autoroutier de Sanef. Enfin, elle a participé aux analyses d’impact à la fois techniques et non techniques du système.
Plus d’infos sur PACV2X
Le 14 janvier 2019, le CNES signait un accord de partenariat avec VEDECOM pour mettre la science spatiale au service du véhicule autonome et des mobilités durables. VEDECOM, Institut de R&D français dédié à la transition énergétique et aux mobilités du futur, est particulièrement actif sur le véhicule autonome. Ce partenariat s’inscrit dans le programme Connect by CNES dont l’objectif principal est de promouvoir et développer l’utilisation des technologies spatiales. Dans le domaine du véhicule autonome, le CNES apporte ses compétences pour la fonction critique de Localisation et de Navigation, basée sur la géolocalisation à base des signaux des satellites GNSS.
Améliorer les méthodes de localisation grâce aux signaux mixtes
Un premier projet a vu le jour à l’automne 2019, dans le cadre d’un contrat avec la société GUIDE, laboratoire d’essai en géolocalisation, spécialisé dans la caractérisation des signaux GNSS des constellations Galileo, GPS, Glonass et Beidou. Il s’agissait d’analyser les parcours de test de véhicules autonomes de VEDECOM sur route ouverte à la circulation, de les caractériser en termes de qualité de réception des signaux satellitaires, afin d’améliorer les méthodes VEDECOM de localisation du véhicule autonome au sens large.
EPLEÏ : une première 1ère solution innovante issue du Lab Mobilités Intelligentes
En octobre 2019 était lancé le Lab Mobilités Intelligentes sous la forme d’un contrat avec la société Matrice cofinancé par VEDECOM et le CNES. Objectif : inventer de nouveaux usages et services dans le domaine des mobilités intelligentes via l’utilisation d’images satellites à Très Haute Résolution spatiale (50 cm). Après 6 mois de travail, une solution innovante à destination du secteur logistique a été retenue et fait l’objet d’une preuve de concept (POC) entre janvier et mars 2020. Cette solution consiste à fournir, sans déplacement géographique, dans un délai court et pour n’importe quel point de la planète, des informations critiques pour aider à la décision d’implantation d’entrepôts logistiques. Elle a été lauréat dans le cadre d’un appel à projets de la Région Ile de France présenté le 1er juillet 2020 et a donné lieu à la création de l’entreprise EPLEÏ. Ce premier service sera complété et enrichi progressivement, avec des fonctionnalités utilisant notamment de l’intelligence artificielle, et de nouveaux produits tels qu’un système d’information géographique (SIG) et une carte interactive.
Vers une amélioration des méthodes de génération de la cartographie Haute Définition utilisée pour la localisation du véhicule autonome
Un nouveau projet CNES-VEDECOM vient de démarrer. Il vise à créer une cartographie de référence sur les parcours de test de véhicules autonomes sur route ouverte dans la ville de Versailles. Grâce à un contrat avec GEOSAT, spécialisé dans le mobile mapping et expert de la cartographie haute précision. Objectif : améliorer les méthodes de création de cartographie et de localisation du véhicule autonome développées depuis plusieurs années chez VEDECOM, afin de proposer des solutions technologiques propices à une adoption massive par le grand public.
Les images satellitaires au service du véhicule autonome
Au final, ce partenariat a permis à VEDECOM d’améliorer ses méthodes de localisation du véhicule autonome et au CNES d’accompagner une utilisation concrète et à valeur ajoutée du spatial pour le domaine de la mobilité, sans compter la création de la start-up EPLEÏ ! Il va sans dire que le spatial a sa partie à jouer dans le domaine de la mobilité et tout particulièrement dans le déploiement du véhicule autonome. Après ces premières étapes dynamiques et productives, CNES et VEDECOM envisagent un autre projet autour de l’analyse de l’infrastructure logistique à partir d’images satellitaire : à suivre…
Pour aller plus loin : découvrez Connect by CNES, un outil terrain créé par le CNES pour tisser des liens avec les start-ups, les acteurs économiques et institutionnels, afin de leur permettre d’accéder facilement à la richesse du spatial et d’en tirer le meilleur bénéfice pour leurs activités.
Légende visuel : Création d’une cartographie HD de référence par le CNES, GEOSAT et VEDECOM. Etapes de traitement des données d’un lidar dense, depuis la donnée brute jusqu’à la classification. Données issues des circuits de tests de VEDECOM dans la ville de Versailles.