La France se met en ordre de marche pour déployer la mobilité électrique nouvelle génération

Les principaux acteurs de la mobilité électrique s’associent pour définir et coordonner le déploiement d’une infrastructure de recharge pour véhicules électriques de nouvelle génération. Elle sera composée de bornes et de systèmes informatiques intégrant la norme ISO 15118. A la clé, une simplification de l’expérience utilisateur, une meilleure gestion de l’énergie et une meilleure garantie d’interopérabilité et de sécurité des systèmes, renforçant la confiance des utilisateurs dans la recharge. Tous les acteurs de la filière seront impliqués : fabricants de véhicules et de bornes, opérateurs d’infrastructure de recharge, fournisseurs de services de mobilité, fournisseurs et distributeurs d’électricité. Le Comité d’initiative à l’origine de cette démarche permettra aux acteurs français de renforcer leur capacité de R&D et d’innovation et de porter la voix de la France sur le plan européen.

Un consortium autour de la recharge nouvelle génération en France

Par un protocole d’accord signé le 7 juin, l’Association Française pour l’Itinérance de la Recharge Électrique des Véhicules (AFIREV), l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (AVERE), la Plateforme Automobile (PFA) et l’Institut de Transition Energétique VEDECOM se sont réunis au sein d’un Comité d’initiative pour la recharge de nouvelle génération, destiné à mobiliser tout l’écosystème français. Ce consortium devra aussi porter les choix technologiques autour de la norme ISO 15118 au niveau européen, notamment concernant la cybersécurité (PKI).

« La filière automobile soutient toutes les mesures spécifiques pour déclencher un véritable mouvement d’accélération du déploiement de l’infrastructure de recharge en France, offrir une solution de charge à chaque utilisateur et donner confiance aux futurs acheteurs de véhicules électriques, indique Jean-Luc Brossard, Directeur R&D de la PFA. Ces mesures doivent porter en priorité sur les solutions de charge en voirie, en habitat collectif et sur les grands axes routiers du réseau national.

Dans le cadre du plan de relance automobile annoncé le 26 mai dernier, la volonté d’accompagner l’ambition d’un million de véhicules électriques ou hybrides rechargeables roulant à l’horizon 2022 se traduit par un premier objectif de 100 000 points de charges publics à fin 2021. L’infrastructure de recharge future se devra d’être homogène, interopérable, intelligente, capable de simplifier l’expérience utilisateur et rendre des services à forte valeur ajoutée. »

Ce Comité a comme mission de mettre en oeuvre des actions collaboratives en deux temps : tout d’abord définir l’architecture de cybersécurité (PKI) adaptée à la nouvelle norme, puis accompagner le déploiement du Plug and Charge (PnC) et de la recharge intelligente, dite « Smart Charging ».

Gilles Bernard, Président de l’AFIREV, précise : « Il est aujourd’hui vital de nous coordonner pour passer à cette nouvelle étape du déploiement des infrastructures de recharge et porter une voix commune en Europe. Un premier groupe d’une quinzaine d’acteurs sera mobilisé dès 2020 et renforcé en 2021-22 avec l’ensemble des acteurs de la filière ».

Le Comité a mandaté VEDECOM, en qualité d’institut de recherche déjà très impliqué dans les travaux sur la recharge du futur, d’un point technologique et économique, pour coordonner et mettre en oeuvre ces actions.

De gauche à droite premier rang : Claude Renard (Coordinateur du déploiement des bornes pour les véhicules électriques, DGEC, Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire), Gilles Bernard (Président AFIREV), Tony Jaux (Président du Conseil d’Administration VEDECOM), Joseph Beretta (Président AVERE), Jean-Luc Brossard (Directeur R&D PFA) ;
Deuxième rang : Mourad Tiguercha (Consultant Concentus pour VEDECOM), Joe Matta (Chef de projet Mobilité électrique nouvelle génération VEDECOM), Nicolas Leclère (Groupe PSA, Pilote du groupe CSTA 2 pour la PFA), Prof. Féthi Ben Ouezdou (Directeur Scientifique VEDECOM), Roch El Khoury (Directeur du Domaine Electrification VEDECOM).

 

Déployer une infrastructure de recharge intelligente et interopérable

Pour la France, l’ambition du Comité est de créer les conditions du déploiement de nouveaux services énergétiques, en faisant en sorte que toute nouvelle borne à courant alternatif (AC) et à courant continu (DC) installée en France puisse être compatible ISO 15118 de manière interopérable et que les opérateurs d’infrastructure de recharge et de services de mobilité électrique – Charge Point Operator (CPO) et Electric Mobility Service Providers (eMSP) – puissent fournir des services Plug and Charge (PnC) et Smart Charging.

Pour y parvenir, ce projet précisera les modalités techniques à respecter pour le déploiement du PnC et du Smart Charging en se basant sur les standards internationaux.

Selon Joseph Beretta, Président de l’AVERE, « l’écosystème de la mobilité électrique arrive aujourd’hui à une étape importante de son développement. Pour atteindre la maturité, ce marché doit pouvoir déployer de nouveaux services de recharge qui améliorent et simplifient l’expérience utilisateur tout en renforçant l’intégration de la mobilité électrique dans le système électrique.
Ces évolutions majeures nécessitent le déploiement de politiques publiques cohérentes intégrant des programmes d’accompagnement. »

Outre le fait d’enrichir considérablement la communication entre un véhicule électrique et une infrastructure de recharge, la norme ISO 15118 permet en effet d’apporter de nouveaux services aux conducteurs :

le Plug and Charge (PnC) pour identifier automatiquement le contrat de services de l’utilisateur par simple branchement du câble de recharge entre le véhicule et la borne, avec un haut niveau de sécurité informatique et une expérience utilisateur simplifiée ;
la gestion intelligente de la recharge (Smart Charging) qui permet de programmer un planning de recharge, négocié entre la borne et le véhicule et optimisé selon leurs contraintes techniques, les besoins et exigences du conducteur, les contraintes tarifaires et les contraintes électriques des réseaux ;

Un nouveau protocole, simple, innovant et sécurisé, porteur d’innovations futures

Aujourd’hui, il faut généralement un badge pour se recharger. Demain, quel que soit le véhicule, l’opérateur d’infrastructure de recharge ou le fournisseur d’électricité, la recharge intelligente se passera de ce badge pour s’opérer de façon rapide, fluide et sécurisée.

Pour Philippe Watteau, Directeur Général de VEDECOM, « nous sommes prêts : le processus de communication borne-véhicule selon la norme ISO 15118 fonctionne et fait consensus auprès de la plupart de
nos partenaires européens. La nouvelle génération d’infrastructure de recharge porte des enjeux importants d’authentification, de sécurité, de confiance, mais aussi de déploiement et d’interopérabilité. Nous allons
adresser ces enjeux de façon incrémentale, en nous appuyant sur le réseau existant. Reste à définir et promouvoir ensemble la meilleure architecture PKI. Sur cette nouvelle base et dans un second temps, nous pourrons apporter de l’innovation disruptive », ajoute-t-il.

En effet, le second objectif du Comité d’initiative pour la recharge nouvelle génération est de faciliter le déploiement futur de cas d’usage émergeants, notamment :

la bidirectionnalité de la recharge qui permet de négocier et d’optimiser, via l’infrastructure de recharge, la réinjection d’électricité stockée dans la batterie du véhicule à la maison (vehicle-to-home), au bâtiment (vehicle-to-building) ou au réseau (vehicle-to-grid) ;
la recharge sans manipulation de câble (recharge inductive ou automatisée).

Téléchargez le PDF du communiqué de presse

Découvrir les vidéos explicatives du projet :

VEDECOM Tech lance M’OBS, première agence de notation des nouvelles mobilités en France

VEDECOM Tech, filiale commerciale de VEDECOM, lance M’OBS, première agence de notation des nouvelles mobilités en France. Son ambition est de permettre aux acteurs de la mobilité d’y voir plus clair dans le foisonnement de nouvelles solutions et offres : covoiturage, autopartage, micro-mobilité, véhicules en libre-service… : un défrichage bienvenu en temps de déconfinement, quand l’usager va retrouver un écosystème des nouvelles mobilités chamboulé.

Les équipes de M’OBS enquêtent sur les conséquences de la crise sur les acteurs des nouvelles mobilités afin de mettre à jour leurs évaluations.

En attendant, M’OBS dévoile sa première étude réalisée avant confinement et crise sanitaire : un classement inédit des opérateurs de la mobilité à travers le monde et ce, autour de trois catégories : le top des applications de mobilité, les meilleurs tarifs proposés par les opérateurs de la mobilité partagée et les pratiques innovantes pour réguler le stationnement des vélos et trottinettes. Pour ce faire, des scores ont été attribués aux différentes solutions sélectionnées selon une méthode d’évaluation tenant compte de la performance économique et de l’expérience utilisateur.

Portrait Stéphane Rabatel

« M’OBS est né d’un constat : le manque de repères dans l’écosystème des nouvelles mobilités. Notre ambition est de donner une vision 360° des solutions existantes au niveau national et international. Chaque solution est évaluée par l’équipe de M’OBS sur la base de 46 critères d’analyse. L’objectif est d’aider les acteurs de la mobilité – notamment les collectivités locales – à mieux appréhender leur environnement et les attentes des usagers afin d’identifier les solutions les plus adaptées à leur territoire » souligne Stéphane Rabatel, Ancien Président de VEDECOM Tech.

 

Découvrir le classement présenté à la presse

Découvrir VEDECOM Tech

Sur fond de crise sanitaire et de déconfinement, VEDECOM lance une enquête pour appréhender les nouveaux défis de la mobilité

Enquête prolongée !

L’épidémie de Covid-19, et l’épisode inédit de confinement qu’elle a provoqué, ont bouleversé en profondeur, et sans doute pour longtemps, notre rapport à la mobilité. Avec l’imminence du déconfinement, la question des modalités de nos déplacements du quotidien devient plus que jamais cruciale.

VEDECOM, Institut pour la Transition Energétique dédié aux mobilités du futur, est missionné par l’Etat pour faire collaborer l’écosystème des mobilités et développer une nouvelle filière française des mobilités durables, c’est-à-dire électriques, autonomes et partagées. Pour accompagner les acteurs du secteur et les aider à relever ces nouveaux défis, aussi urgents que vitaux pour la reprise de l’activité nationale, une équipe du domaine “Nouvelles solutions de mobilité et énergies partagées” de l’Institut lance une étude sur tout le territoire français.

Objectif : mieux comprendre l’impact de la crise sanitaire et du déconfinement sur les Français et leurs déplacements afin de proposer des solutions pouvant être mises en place rapidement ou à plus long terme. L’étude s’adresse à tous les citoyens français et aux experts de la mobilité. La seule condition est d’être résident français.

Avec ses 50 collaborateurs et son approche pluri-disciplinaire, le domaine “Nouvelles solutions de mobilité et énergies partagées” de VEDECOM adresse des problématiques cruciales pour le déploiement des nouvelles solutions de mobilité : facteurs humains, cadre juridique, modèle économique des nouvelles mobilités, analyse de la mobilité, approche sociétale…

 Le questionnaire dure 10 à 20 minutes : en le remplissant et en le diffusant autour de vous, vous nous aidez à cerner au plus près les attentes des Français et les conditions de nouvelles solutions de mobilité qui conjuguent efficacité et sécurité sanitaire.

Les résultats de cette étude seront rendus publics sur les différents canaux de communication de l’Institut en juin 2020.

Pour répondre à notre questionnaire  :

Accéder à l’enquête

Merci à tous pour votre participation et la diffusion de cette enquête autour de vous !

Auteurs : Stéphanie Coeugnet, Natacha Métayer, Rémy Le Boënnec, Stéphane Roger

Contributeurs : Jessy Barré, Jaâfar Berrada, Mercedes Bueno-Garcia, Pierre Dias, Lynda Halit

Le meilleur des robots livreurs sélectionnés par le nouveau site Mobility Camp de VEDECOM !

En ces temps de confinement, le site Mobility Camp lancé par VEDECOM arrive à point nommé pour s’informer sur les meilleurs dispositifs pédagogiques relatifs aux nouvelles mobilités. Objectif : imaginer le monde post-coronavirus, où les mobilités innovantes et durables auront une place majeure. Cerise sur le gâteau : si vous êtes un acteur des nouvelles mobilités, il est possible d’y contribuer par vos contenus !

Cette semaine, gros plan sur le top 5 des robots livreurs en Europe. TwinswHeel, Starship, Kar Go, AMR ou encore Eliport : ces solutions de livraison pourraient, en temps de crise sanitaire, permettre de résoudre la difficile équation entre maintien de l’activité économique et protection des salariés pour les entreprises de livraison. Des technologies qui, en temps, normal, permettront aussi de répondre aux enjeux de baisse de la pollution, de partage du territoire ou encore de gain d’efficacité.

Retrouvez notre sélection de robots-livreurs dans https://mobilitycamp.fr/experimentations/

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Hyperlieux Mobiles : les activités mobiles au service de nouvelles formes d’urbanité

Hyperlieux Mobiles : les activités mobiles au service de nouvelles formes d’urbanité

L’événement « La Ville, nouveaux horizons », organisé par Le Point, a eu lieu vendredi 29 novembre 2019 à la Villa Massena à Nice. Objectif de la journée : réfléchir aux leviers et aux enjeux impliqués par les transformations nécessaires de nos espaces urbains. Comment constituer le terreau fertile à l’apparition d’un territoire équilibré, susceptible d’abriter des villes métissées, plurielles, attractives et écologiques ? Et comment dépasser les concepts parfois usés de « ville durable », ou encore de « smart city » ? Des intervenants prestigieux comme Jean Nouvel, Jean-Jacques Aillagon ou encore Antoine Picon, étaient invités à donner leur éclairage. Mireille Apel-Muller, Directrice de l’Institut pour la ville en mouvement (IVM), entité de VEDECOM, y présentait le concept d’hyperlieux mobiles, développé par l’IVM. Retour sur cette intervention, qui prend prétexte du véhicule autonome pour brosser de nouveaux horizons aux mobilités de demain.

« Par-delà le véhicule autonome : l’enjeu des hyperlieux mobiles »

C’est l’émergence d’un concept que Mireille Apel-Muller était venue présenter à l’événement « La ville, nouveaux horizons ». Celui d’hyperlieux mobiles, développé par l’IVM, institut qui a pour mission de réfléchir aux mobilités dans ses dimensions sociétales au-delà de l’unique question des transports : du point

de vue des usages et des pratiques sociales, des interactions avec l’aménagement et les espaces publics, de la gouvernance…  La notion d’hyperlieux mobiles L’IVM explore une troisième voie jusqu’à présent négligée : il invite à considérer la mobilité sous l’angle des activités et des services. Un domaine paradoxalement impensé, puisque les activités mobiles, d’ores et déjà omniprésentes, promettent de prendre de plus en plus de place dans nos modes de vie.

Le projet « Hyperlieux Mobiles » : observer la société pour innover

Afin de donner corps au concept, l’IVM et ses partenaires internationaux sont partis à la rencontre des activités mobiles existantes. Par activité mobile, il faut entendre toutes les activités dont la mobilité est le support. Celles-ci ne sont pas nouvelles : au contraire, elles semblent avoir toujours existé, du colporteur aux activités foraines en passant par les hôpitaux de guerre mobiles. Elles utilisent tous types de véhicules et concernent tous les secteurs. Au total, le projet « Hyperlieux Mobiles » a recensé plus de 600 activités mobiles… et fait un constat : loin de reléguer ces activités dans le passé, l’hyper-connectivité et la révolution numérique les conduisent à une diversification toujours plus grande. Avec des hybridations rendues possibles par les mutations conjointes du numérique (transport aisé de bases de données), du progrès technologique (production de sa propre énergie) et d’une pensée éco-systémique. Par l’apport d’activités et de services, l’hyperlieu mobile contribue à la construction de formes inattendues d’urbanité générées par de nouvelles interactions entre espaces, mobilités, connectivités et activité. C’est parfois le véhicule lui-même qui devient un vrai lieu mobile d’activité (c’est ainsi qu’à Buenos Aires et Paris, on fait la fête dans des bus) ; d’autres fois, c’est l’activité mobile qui fait lieu en fabriquant autour d’elle des formes d’urbanité éphémères : ainsi ce véhicule en Australie qui vient laver le linge des sans-abris et propose une projection de cinéma pendant que la machine tourne, devenant ainsi pour quelques heures cinéma de plein air…

Des acteurs nouveaux pour inventer la ville mobile de demain

Cette tendance n’est pas le fait de cas isolés : c’est une vague de fond portée par les plus grandes sociétés industrielles. C’est ainsi que Toyota a présenté au Salon de Las Vegas son projet de « Ville à la demande ». L’idée : la conception par le constructeur automobile d’un concept de véhicule autonome « châssis » (E-palette), susceptible d’abriter toutes formes d’activités, de l’hôpital au bureau mobile, en passant par l’épicerie, la pizzeria ou encore le Fab Lab.

C’est le cas également d’Ikea, champion du mobilier pour espaces contraints, qui imagine via son laboratoire d’innovation Space 10 des concepts d’objets mobiles et autonomes. On voit ainsi arriver des acteurs nouveaux dont l’ambition est de construire la ville de demain… mobile !

Enjeux et défis des hyperlieux mobiles pour la ville de demain

Cette redéfinition des lieux du quotidien par les véhicules porteurs d’une activité mobile est lourde d’enjeux et de défis. Défi pour les territoires, pour qui il s’agit de penser ces formes d’activité au service des métabolismes urbains, et comme des solutions pour apporter une haute qualité de service jusque dans les zones les plus isolées. Défi pour les aménageurs qui se doivent de prévoir de nouveaux espaces pour ce type d’aménités et de programmer des activités qui restent sous le contrôle de la puissance publique. Défi pour les designers : nos objets vont devoir changer, ainsi que les espaces pour les accueillir. Enjeu pour les politiques qui vont devoir gérer le licite et l’illicite, arbitrer les conflits d’usages entre activités mobiles et commerces fixes, contrôler la privatisation de l’espace public et la surexploitation des espaces. Enjeu économique : quels business models 3.0 allons-nous pouvoir inventer pour ces petites activités très agiles. Enfin, enjeu de société puisqu’il va nous falloir déterminer quelle part de notre espace-temps nous souhaitons consacrer à l’activité économique.

 

Regarder l’intervention complète

 

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2019 – L’acceptabilité du véhicule autonome en question : éclairage de VEDECOM

2019 – L’acceptabilité du véhicule autonome en question : éclairage de VEDECOM

A la suite du séminaire « Acceptabilité du véhicule autonome », qui s’était tenu le 9 novembre 2018 au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, la Direction Générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer (DGITM) avait fait la demande à VEDECOM d’une monographie sur les enquêtes nationales ayant pour objet d’étude l’acceptabilité du véhicule autonome. Retour sur les principaux enseignements de ce document qui synthétise et analyse les résultats de 9 enquêtes d’opinion et 4 études scientifiques sur la façon dont le véhicule autonome est appréhendé en France.

Connaître et comprendre l’acceptabilité française actuelle du véhicule autonome

Rédigée par Marlène Bel, chercheure en psychologie sociale chez VEDECOM, et Stéphanie Coeugnet-Chevrier, Directrice du domaine « Nouvelles solutions de mobilité et énergies partagées » à l’Institut, la monographie « Acceptabilité du véhicule autonome » fait un état des lieux des enquêtes et études sur le sujet au niveau national. L’enjeu de ce travail de fond est d’améliorer la connaissance et la compréhension de l’acceptabilité française actuelle du véhicule autonome, pour constituer une base de réflexion qui alimente le bien commun. L’Institut VEDECOM a rendu sa copie lors du séminaire sur l’Acceptabilité du Véhicule Autonome, prévu et organisé par la Stratégie Nationale du Développement des Véhicules Autonomes le 25 mars 2019.

Au total, ce sont 8 500 Français qui ont été interrogés dans les enquêtes d’opinion étudiées, et 5 300 pour les études scientifiques. Objectif : cerner la perception que les Français ont de la voiture autonome de niveau 5, tant au niveau de sa sécurité, que de sa fiabilité, du plaisir procuré, de son confort, son coût, ou encore de la possibilité de tâches de vie à bord qu’elle permet. Les questions relatives au gain de temps et d’espace, à l’utilisation des données personnelles, à la place du superviseur ou encore à l’intégration du véhicule dans son environnement sont également envisagées. Les études concernent tant les véhicules de type personnel ou robot-taxi, que les navettes ou bus autonomes.

 

Le véhicule autonome : entre attrait et appréhension

Sécurité, confort, nouveaux usages… Les attraits du véhicule autonome, objet onirique s’il en est, sont nombreux. Mais c’est en tant que fantasme de liberté suprême qu’il se révèle le plus plébiscité. A l’indépendance et l’autonomie qu’offre l’automobile en général, il rajoute la promesse de plus de temps libre et de davantage de confort pendant les trajets. Un engagement qui ne laisse pas indifférent : 37% des Français seraient disposés à utiliser une voiture entièrement autonome car ils auraient « plus de temps libre » durant leurs trajets (IFOP, 2018). Pour 74% des Français, la voiture connectée est un moyen de gagner du temps (Observatoire Cetelem, 2016) ; et 64% des sondés estiment que c’est l’absence de limitation dans leur liberté de déplacement qui les ferait utiliser un véhicule sans conducteur (Débats citoyens, 2018). Selon une étude menée par VEDECOM en 2018, 85% des Français souhaiteraient enfin faire autre chose dans leur véhicule complètement autonome, plutôt que de conduire ou de superviser leur véhicule. La sécurité reste par ailleurs au cœur des attentes des usagers : pour 58% des sondés, l’usage des véhicules sans conducteur représenterait une amélioration de la vie quotidienne en termes de sécurité (Débats citoyens, 2018).

Cet espoir de liberté de déplacement sans limite est néanmoins tempéré par un certain nombre de craintes qui sont autant de freins à l’acceptabilité du véhicule autonome : pour 40% des sondés de l’enquête IFOP 2018, « les voitures autonomes sont un peu effrayantes ». « Le risque est trop élevé aujourd’hui d’un point de vue technique », affirment 53% des personnes interrogées dans le cadre de la même étude. En outre, les questions de cybersécurité, d’utilisation des données personnelles ou encore de responsabilité apparaissent comme autant de facteurs menaçants.

 

La confiance, clé de voûte de l’acceptabilité

Si les sentiments des Français sont partagés, un facteur d’acceptabilité déterminant se dessine peu à peu au fil des études : la confiance. Confiance dans la technologie, mais aussi dans les règles, les usages, les systèmes et services. Pour 53% des Français, « ne pas faire confiance au véhicule autonome pour prendre la bonne décision » est la principale raison pour laquelle ils ne seraient pas disposés à l’utiliser (Débats Citoyens, 2018). Les études permettent de montrer que les premiers usages du véhicule autonome améliorent néanmoins la confiance dans son objet. Un constat qui fait écho au concept TRUST, développé par Yann Leriche et Jean-Pierre Orfeuil dans leur récent ouvrage Piloter le véhicule autonome au service de la ville, coordonné par l’IVM-VEDECOM et porté par VEDECOM. TRUST (pour Technologies – Règles – Usages – Systèmes et Services – Territoires) est une méthodologie centrée sur la confiance, qui offre une garantie de rigueur en mettant en œuvre une démarche holistique et multi-critères permettant de saisir les conditions d’émergence de la mobilité autonome.

La monographie met en évidence deux autres points majeurs :

  • L’acceptabilité des navettes autonomes est généralement supérieure à l’acceptabilité des voitures autonomes. Le changement de paradigme est en effet moins important dans le premier cas que dans le second, le passager d’un véhicule autonome devant passer progressivement de l’état de conducteur à celui de passager de son véhicule.
  • Les Français ont une bonne acceptabilité des véhicules autonomes lorsque les différents niveaux d’automatisation sont pris en compte. Si seul le niveau 5 est considéré, ce qui est le cas dans les enquêtes d’opinion, alors l’acceptabilité des Français à l’égard du véhicule autonome est inférieure à la moyenne. Il apparaît par ailleurs des disparités d’acceptabilité du véhicule autonome suivant le lieu d’habitation des individus, les habitants des métropoles et des grandes villes françaises présentant une acceptabilité nettement supérieure aux habitants des zones peu denses. 71% des Français vivant à Paris intramuros en seraient des utilisateurs, contre 40% des Français vivant dans des communes isolées hors influence des pôles.

 

VEDECOM, un expert reconnu de l’acceptabilité du véhicule autonome et des nouvelles solutions de mobilité

Cette monographie est le reflet de l’expertise de VEDECOM dans le domaine de l’acceptabilité des nouvelles solutions de mobilité et notamment du véhicule autonome. Un champ de recherche porté par le Domaine « Nouvelles solutions de mobilité et énergies partagées » de l’Institut. Avec ses 50 collaborateurs de 15 disciplines différentes, il adresse des problématiques qui sont cruciales pour le déploiement des nouvelles solutions de mobilité : facteurs humains, cadre juridique, modèle économique des nouvelles mobilités, analyse de la mobilité humaine… Forts de leurs 45 publications acceptées en un an, ces équipes sont sur tous les fronts où se joue la guerre des mobilités. Ils se sont particulièrement distingués en 2019 : création d’Entropy, première spinoff issue de VEDECOM, publication de deux ouvrages majeurs dans le domaine des mobilités (Piloter le véhicule autonome, de Yann Leriche et Jean-Pierre Orfeuil, sous le pilotage de Mireille Apel-Muller ; Véhicule autonome, qui est responsable ? de Iolande Vingiano-Viricel) ; distinction de la solution VEDETECT au Grand Prix du Salon des Maires ; implication forte dans des projets collaboratifs : le projet européen AutoMate, l’expérimentation Paris-Saclay Autonomous Lab ; création de la première formation certifiante sur les aspects juridiques du véhicule autonome

La monographie sur l’acceptabilité du véhicule autonome, fruit de cette activité intense, sera suivie en 2020 par un travail similaire mené par VEDECOM au niveau international.

Pour en savoir plus :

Document de la Stratégie nationale pour le Développement du Véhicule Autonome

Synthèses :

Développement des véhicules autonomes. La stratégie française

Orientations stratégiques pour l’action publique

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